Après les attaques sur le « cosmopolitisme » de Kouchner, voici le point de vue d’Arthur dans Le Monde de ce jour.
Nous sommes en plein dans les années 30…
« D'où vient cette haine des incendiaires des âmes ?
Quand un animateur vedette est confronté à l'antisémitisme
Après Vals-les-Bains et Lille, alors que je suis dans ma loge, on m'annonce que, pour la troisième fois cette semaine, des manifestants propalestiniens sont
devant le théâtre où je dois me produire. Encore. Muni d'une banderole, un groupe scande " Arthur sioniste, Arthur complice ! " Un autre : " Arthur Essebag finance la colonisation ! " D'autres
encore, brandissent à bout de bras des photos d'enfants palestiniens ensanglantés avec écrit " Arthur soutient la guerre ! " Et puis, se voulant sans doute blessant, mais juste ridicule,
pathétique : " Arthur larbin ! "
Par la fenêtre, au milieu d'un imposant service de sécurité, je les regarde. Ils sont moins nombreux qu'à Lille et Vals-les-Bains. Mais calmes. Organisés.
Déterminés. Le plus effrayant, c'est qu'ils semblent sincèrement convaincus de ce qu'ils disent...
Après l'étonnement, l'incompréhension. Puis, le silence. Puis, ce dilemme que, pour la première fois de ma vie, je découvre : répliquer au risque de donner trop
d'importance à une minorité de sots qui ne rêvent que de jeter le feu dans les esprits - où me taire en espérant, ainsi, apaiser cette violence folle ? Il m'aura fallu attendre la troisième
manifestation pour prendre mon parti. Je ne le fais pas pour moi. Je le fais pour les hommes et les femmes qui sont venus à ces spectacles malgré la menace, je le fais pour tous les amis, connus
et inconnus, qui entendent ces inepties, m'écrivent et ne comprennent pas. Je le fais pour tous les simples citoyens qui n'ont pas le même accès que moi aux médias et qui ont à supporter, souvent
avec plus de violence que moi, le même type d'injures, de stigmatisation, bref, d'antisémitisme.
D'où vient cette haine ? Et qu'est-ce que je viens donc faire dans le conflit israélo-palestinien ? Tout commence en janvier 2004, quand Dieudonné déclare au détour
d'une interview au magazine The Source, qu'il existerait : " Un lobby juif très puissant qui aurait la mainmise sur les médias, dont fait partie Arthur qui, avec sa société de production, finance
de manière très active l'armée israélienne. Cette armée qui n'hésite pas à tuer des enfants palestiniens. " Qu'est-ce qui fait que ces propos aient été relayés sans commentaire dans les colonnes
du Monde ? - NDLR : notre édition du jeudi 8 janvier 2004 citait les propos de Dieudonné au magazine The Source - .
Qu'est-ce qui fait que cette pure imbécillité, cette rumeur sans l'ombre d'un fondement, est aussitôt relayée par une grande partie de la presse ? D'où vient que
soit pris pour argent comptant le délire d'un humoriste qui eut, jadis, un peu de talent mais qui commence, à ce moment-là, la pathétique dérive qui, à coups d'insultes répétées contre des
artistes juifs ou supposés tels, va le mener tout doucement au contact du Front national ? Je l'ignore. D'autres que moi recomposeront l'histoire de cette incroyable indulgence dont les
provocations, les mensonges, les constructions énormes de ce personnage auront bénéficié dans les médias.
Pour moi, le mal était fait. Si c'était dans le journal c'est que c'était vrai. Suite à cet article, Dieudonné sera condamné pour diffamation raciale par le
tribunal correctionnel de Paris et par la cour d'appel de Paris. Mais, encore une fois, le mal était fait. Et je me trouvais confronté à cette loi d'airain qui veut que, dans ces " batailles ",
là aussi, la première frappe est souvent, hélas, la plus dévastatrice.
Tous les témoins de ces manifestations racontent. De l'imbécile " Arthur est sioniste, il finance Israël avec son fric ! ", on est vite passé à l'infect " de toute
façon il est juif donc il soutient les bombardements de Gaza ! " Juif... sioniste... finance... fric... Tout est dit. Et, sitôt la dépêche AFP publiée, les sites et blogs Internet se déchaînent.
C'est comme s'ils étaient dans les starting-blocks et n'attendaient que cela. C'est comme si ceux qui n'avaient jamais pu exprimer leur fiel, leur antisémitisme à mon encontre, pouvaient enfin se
lâcher au grand jour. Certains sites, débordés, horrifiés, fermeront leurs commentaires et forums ; d'autres comme celui du Point où du Nouvel Observateur laisseront faire.
Quant à moi, pour la première fois de ma vie, à 42 ans, je découvre cette forme de haine. Fini le cocon douillet de l'animateur vedette. Je prends de plein fouet ce
drôle de retour du refoulé. Les vieux démons se réveillent et c'est moi, cette fois, qu'ils pointent du doigt. En surfant sur le Net dans l'encyclopédie Wikipédia, je découvre, dès la première
ligne, au milieu de mille inepties, que je suis " d'origine juive, marocaine " et plus loin " déjà multimillionnaire ". Laurent Gerra, Jamel Debbouze, les autres artistes, ont-ils droit à ce type
de précisions et, dans mon cas, d'imprécisions peu innocentes ? Non. Arthur, juif, argent, marocain, donc pas français. Encore...
C'est aussi sur Internet que Le Figaro a lancé l'odieuse rumeur " Arthur aurait vendu son appartement à Vladimir Poutine ! " Non seulement odieuse, la rumeur. Non
seulement lancée sur la Toile et aux chiens, sans que nul ait pris la peine d'aller à la source, se renseigner, vérifier. Mais fausse, évidemment. Dénuée - je rougis d'avoir à la préciser - de
l'ombre d'un fondement. Mais voilà... Tout le monde connaît Poutine...
Et quelle aubaine de pouvoir ajouter à mon portrait cette délicate nuance : " Arthur... argent... que ne ferait-il pour de l'argent, Arthur ? Ces gens-là, les gens
de son espèce, n'ont-ils donc aucun principe, aucune valeur et, quand il s'agit d'argent, aucune retenue ? ", " Arthur sioniste ! Arthur finance l'armée d'Israël ! " : Cette horrible phrase, ce
mensonge repris en boucle par des centaines de sites et d'articles de presse, comme j'aurais aimé qu'un journaliste, un seul, prenne soin de le vérifier.
J'aurais aimé que le maire de Lille réagisse. J'aurais aimé que le maire de Belfort réagisse. J'aurais aimé que tout ceci ne soit qu'un cauchemar. Mais ce n'est pas
un cauchemar et le réveil est douloureux.
Même si je suis sonné, je reste debout. Même si c'est compliqué, je mets un point d'honneur à ce que ma tournée se poursuive. Venant de ma part, certains trouveront
tout cela anecdotique. D'autres non.
Je m'appelle Jacques Essebag. Je suis né le 10 mars 1966 à Casablanca. Durant la guerre des Six-Jours, ma famille a quitté le Maroc pour s'installer dans la patrie
des droits de l'homme. Je suis français.
Jamais je n'aurais imaginé, que dans mon propre pays, dans ce pays que j'aime tant, dans ce pays qui m'a tant donné et auquel j'essaie de rendre un peu, on puisse
manifester contre moi uniquement parce que je suis juif.
L'album de l'année, c'est indéniablement pour moi celui, de Q-Tip que les dévôts de A Tribe Called Quest n'ont jamais oublié.
Ses précédents efforts solo étaient décevants, mais avec The Renaissance, il livre l'album parfait, où pas un morceau n'est à
jeter. Pas besoin d'aimer le rap pour apprécier. Le jazz, si par contre.
Difficile de chosir un extrait révélateur, tant le niveau est homogène.
Allez, si, quand même ! Magnéto, Serge :
Au delà de mes 360 autres amis que j'adore (-1 qui s'est retiré au mois d'août, reviens vieux ringard), me voici en 2 jours "ami" avec le plus grand bassiste (ré-écoutez tout pour vous en
convaincre) et le plus grand batteur de la planète (ré-écoutez le solo de Aja pour vous en convaincre) .
Pas besoin d'autres cadeaux de noël (quoique...) !
Ca clashe.On en est arrivé là : procès stalinien le samedi soir à la télé. Jacques Attali contre le reste du monde. Ruquier en dessous de tout...
Si vous l'avez manqué :
Clash : Zemmour / Attali L'explication, très convaincante, sur leblog de Jacques
"Certains d’entre vous m’ont peut etre vu quitter brutalement l’émission « On n’est pas
couché » hier soir. J’ai dit pourquoi en partant : je ne vois pas de raison de perdre mon temps, et de faire perdre celui des téléspectateurs en parlant avec des gens qui prétendent
commenter mon travail sans le connaitre. Je suis parti sans arrogance ni fatique, ni fureur. Je veux ici apporter les précisions que beaucoup me demandent :
1.J’apprécie énormément l’humour de Laurent Ruquier en particulier son don pour les calembours, cet art si particulier qui rejoint les traditions
les plus profondes. Je connais bien Eric Zemmour, il nous est arrivé de déjeuner ensemble et je considère presque comme un ami.
2.J’ai accepté avec plaisir de venir à cette émission. Ce n’était pas la première fois et j’y avais été bien reçu. J’ai pensé que c’était une occasion
utile d’expliquer ce que je crois etre l’extrême gravité de la crise à venir , ses causes profondes et ce qu’il convient de faire pour la résoudre.
3.Je suis accueilli sur la scène ( après avoir attendu plus d’une heure au-delà de l’heure prévue de mon interview, sans que nul ne s’en
excuse) par un : « voilà encore un livre écrit sur la crise par quelqu’un qui ne l’avait pas prévue ». C’est drôle, mais il se trouve que c’est faux. C’était si
facile de le savoir. Encore aurait il fallu préparer l’émission sérieusement.
4.Je me vois ensuite contraint de répondre à quelqu’un qui m’accuse d’avoir volontairement caché la vraie cause de la crise, qui serait
l’immigration, parce que cela détruirait ma thèse sur l’importance du nomadisme. C’est drôle, mais il se trouve que c’est faux. C’était si facile de le savoir. Encore aurait il fallu
préparer l’émission sérieusement.
5.Je dois ensuite écouter quelqu’un expliquer que je fais dans mon livre un mauvais jeu de mots entre la crise des « bulbes » de tulipes,
et les « bulles » financières, je dois l’interrompre pour lui dire que ce jeu de mots ne se trouve pas dans le livre et qu’il vient de l’inventer. Il continue en disant que mon
livre contredit le rapport dont j’ai dirigé la rédaction parce que dans l’un je recommande le renforcement de l’Etat, pendant que dans l’autre, nous aurions recommandé sa
destruction ; quand je lui réponds que nous disons exactement le contraire dans le rapport, et que livre et rapport sont cohérents, le journaliste reconnait ne pas l’avoir lu. Là
encore : c’est drôle, mais il se trouve que c’est faux. C’était si facile de le savoir. Encore aurait il fallu préparer l’émission sérieusement.
6.Quand un autre journaliste renchérit en disant que de toute façon, ce rapport n’a aucune importance parce que rien n’en a été appliqué. Là encore, C’est
drôle, mais il se trouve que c’est faux. C’était si facile de le savoir. Encore aurait il fallu préparer l’émission sérieusement.
7.Les auteurs qui vont dans ces émissions doivent exiger le même traitement que les autres invités, chanteurs ou comédiens : les journalistes
et animateurs connaitre leur travail avant d’en parler. Ou au moins avoir l’honnêteté de reconnaitre qu’ils n’ont pas eu le temps de le lire.
8.La crise, si grave, qui commence, aurait mérité
un meilleur traitement."
Toujours là, FrédrickJones dit "Ahmad Jamal" !
En même temps, il reste qui aujourd'hui ? Keith ?
Herbie ? McCoy ? Oscar, Bill, joe et les autres ne sont plus.
Il porte donc encore beau l'enfant de Pittsburgh avec ses 78 ans au compteur !
Très beau concert hier soir à Pleyel (une salle vraiment exceptionnnelle pour écouter du jazz), avec les fidèles James Cammack à la basse et Manolo Badrena aux percus. + un petit nouveau qui assure
en finesse et en élégance à la batterie, James Johnson (retenez bien ce nom).
Peu considéré par les critiques dans sa jeunesse, malgré (ou à cause d') un réel engouement public, il
connaît aujourd'hui la situation inverse : peu connu du grand public, il jouit d'une réputation considérable de la part des acteurs de la scène jazz actuelle, qui n'ont de cesse de l'affubler des
plus respectueux surnoms : «L’architecte», «Le prophète», «Ahmad le magnifique», «Le prestidigitateur du piano», «Le maître», «Le monstre aux deux mains droites»…
C’est pas faux, et ça mérite de revoir une fois encore son tube à lui, le magnifique Poinciana, thème dont on
ne se lasse pas en dépit des multiples écoutes.
Tu t’attendais peut être à ce moment, sans vouloir l’admettre, mais je te quitte. Toi et moi, on a passé une
belle année ensemble. Comme toujours, c’est la rencontre qui était belle. Tu étais lisse, doux, plein d’idées nouvelles ; et moi attentionné, passionné et fier de toi. Et puis le temps a
passé, de l’eau a coulé sous les ponts (et sur ta coque). Je ne te regardais plus avec les mêmes yeux. Quand à toi, tu es devenu lourd, lent, moins réactif à mes souhaits. Un peu dur de
l’oreille, quasi-muet. J’ai été obligé de te mettre une oreillette si je voulais te parler. Et de te reseter une fois par jour si je voulais que tu sois synchro avec ma vie. Bon, d’accord, tu
n’aimes pas Outlook, mais on est tous comme ça, on fait avec.
« Je n’ai qu’un an, je ne suis pas vieux », me dis-tu. Je sais, je sais. Mais si une année
chat égale sept ans d’une vie humaine, tu as au moins 70 ans en années mobiles, mon cher.
« Tu aurais pu m’amener à l’hôpital », insistes-tu. Oui, sans doute. Mais tu n’as pas de carte
vitale, ni de mutuelle. Ce n’était pas gérable financièrement.
Et puis je vais te dire, tu n’as qu’as t’en prendre à ta maison-mère. Elle n’a eu de cesse de me harceler, de
m’envoyer des messages de plus en ciblés, de plus en plus séduisants, pour que je te trouve un successeur.
« Qu’est-ce que je vais devenir, tu ne vas pas me mettre dans un tiroir, aux
oubliettes ? », t’inquiètes-tu. N’aies crainte. Je t’emmène à la clinique pour deux semaines ce jour. On va te bichonner, te refaire une beauté, t’opérer du micro. Et je viendrai
te chercher en personne.
Non, je ne t’enverrai pas à la Société Protectrice des Mobiles.
Je vais te confier à un proche, qui aura pour toi les yeux de Chimène du 1er jour. Il te sortira,
te présentera tous ses amis, sera très précautionneux, plus que je ne l’ai jamais été. Mais je suis comme ça, tu le savais depuis le début.
Si je t’ai trompé ? Mais non, qu’est-ce que tu vas t’imaginer ? Je t’ai juste remplacé par
un confrère local pendant mes quinze jours de vacances cet été, et tu étais là, même si ça te faisait de la peine de ne pas profiter pleinement de ce beau voyage.
Qu’est-ce qu’il a de plus que toi, ton remplaçant ? Qui c’est ? Je ne veux pas comparer,
je ne peux pas comparer. C’est complètement autre chose. Je ne veux pas d’embrouilles, pas de représailles. Un mobile aux abois, ça peut faire n’importe quoi. Je ne te donnerai pas son nom, je
peux juste te dire qu’il déchire. Que veux-tu, je suis amoureux à nouveau. Tu veux un indice ? Saches simplement qu’il est du "Tonnerre". C'est la tempête après le calme.
So long dear, je repenserai à tes fonctions qui m’ensorcelèrent un temps.
Plus qu’un court texto, il m’a semblé plus propre – même si dur – de t’écrire cette longue bafouille, que tu
dois trouver bien maladroite.